Mardi 15 Mars, le quartier Tarentaize-Beaubrun était sous le feu des projecteurs.
À l’occasion d’un « World-Café » inédit
qui se tenait salle Descours, des étudiants d’IRAM, de Télécom Saint-Etienne et de l’École supérieure d’art et design ont organisé une rencontre conviviale et ludique autour de la lumière et de l’éclairage urbain de demain. Retour sur cet après-midi où les habitants ont fait briller leur quartier.

Quand le World Café prend ses quartiers à la salle Descours !

 

Quand le World Café prend ses quartiers à la salle Descours !

Comment améliorer l’esthétique de l’espace public ? Quelle est l’importance de la lumière dans le secteur Tarentaize-Beaubrun ? En quoi l’éclairage est-il une possibilité de mieux vivre, de mieux circuler et de mieux travailler ? Telles sont les questions que se sont posées une trentaine d’étudiants du quartier créatif de Saint-Etienne. Mobiliers urbains innovants, lampadaires connectés, jeux de lumières, œuvres interactives… de nombreux dispositifs ont été inventés par ces jeunes professionnels et proposés aux habitants. Une invitation à l’échange et au partage de connaissances autour de la lumière afin d’imaginer des propositions d’éclairages nouveaux qui leur ressemblent.

Une invitation à l’échange et au partage de connaissances autour de la lumière afin d’imaginer des propositions d’éclairages nouveaux qui leur ressemblent.

Le World-Café : une méthode innovante

Six tables, six ateliers thématiques, 20 minutes par table, top départ ! Mardi après-midi, pendant 3 heures, petits et grands sont venus échanger, dialoguer et proposer des idées lumineuses pour réinventer l’éclairage de leur quartier. Autour d’un café et de quelques pâtisseries préparés par les hôtes, les habitants se sont pris au jeu et ont sillonné les ateliers au gré de leurs envies tout en découvrant les différentes thématiques abordées : mémoire de quartier; éclairage idéal ; parcours d’expérience ; connexion entre quartiers ; vie quotidienne ; connectivité et interface. Par la mise en place de dispositifs variés et originaux, ces pôles, à la fois complémentaires et indépendants, ont tenté de répondre au mieux aux attentes des habitants et aux problématiques du quartier.

L’atelier “La vie quotidienne” peaufine son dispositif avant l’arrivée des premiers participants.

L’atelier « Parcours d’expérience » se prépare.

Ci-dessus, quelques détails de l’atelier « Mémoire de quartier ».

Un projet transdisciplinaire

Ce World-Café est un véritable processus créatif authentique et innovant qui s’inscrit au sein d’un projet d’éclairage urbain inspirant. Ce workshop, considéré comme une expérience de recherche participative, mobilisant des communicants (IRAM), des ingénieurs (Télecom Saint-Etienne) et des designers (Esadse), a pour but d’avoir une approche pluridisciplinaire pertinente et ouverte à la créativité afin de mutualiser les compétences de chacun.

«  Proposer un éclairage nouveau peut créer de l’attrait et amener de la présence supplémentaire. »

Dans le cadre de la préparation du World-Café, un important travail a été réalisé en amont par les étudiants. De manière collaborative, les élèves ont réalisé un état de l’art pour analyser les dispositifs existants et applicables au quartier. Cette démarche préliminaire a permis de savoir ce qui se faisait en terme d‘usages dans d’autres lieux afin de retenir les projets d’éclairage urbain les plus pertinents et les plus adaptés aux besoins des habitants. Lampadaires connectés, luminothérapie, œuvres lumineuses interactives, mobiliers urbains fonctionnels, jeux de lumières… les étudiants se réapproprient de nombreux projets subtils pour les décliner sur le quartier Tarentaize-Beaubrun.

IRAM, Télécom Saint-Etienne et Esadse travaillant sur l’atelier “Parcours d’expérience”.

Comme le souligne André Dancel, « même s’il faut adapter la lumière en fonction du vécu et du quotidien des habitants puisqu’on n’éclaire pas tous les quartiers de la même façon, proposer un éclairage nouveau peut créer de l’attrait et amener de la présence supplémentaire ». C’est ce que ce projet cherche à mettre en évidence en invitant les habitants, lors de cette rencontre-café, à s’interroger autour des effets de la lumière et à cerner les enjeux auxquels l’éclairage urbain peut répondre.

La quarantaine d’étudiants se met au point.

Une fois ce travail effectué à l’unisson, par les trois entités travaillant sur ce projet, les étudiants d’IRAM ont pris les choses en main pour organiser la préparation de cette rencontre atypique. Visite du quartier, prise de photos, analyse de l’importance de la lumière dans les déplacements… les jeunes communicants se sont imprégnés du lieu afin de proposer des dispositifs créatifs à la fois simple et innovant reflétant l’environnement dans lequel ils seront implantés.

Julie et Astrid d’IRAM s’occupent de la table « Mémoire de quartier ».

Après l’immersion, place à la communication, leur cœur de métier ! De l’organisation pour trouver une salle à l’impression des affiches en passant par la création du logo, la communication sur les réseaux sociaux, les invitations presse ou encore la médiation au cœur de Beaubrun, toutes les étapes de l’organisation d’un évènement leur ont été confiées.

Une initiative appréciée

Stress et anxiété guettaient les étudiants d’IRAM, totalement investis dans ce projet au bénéfice de Tarentaize-Beaubrun. 14h, quelques habitants du quartier arrivent au compte-goutte. Après leur avoir expliqué le concept de cette rencontre, ils choisissaient selon leurs préférences, la thématique à laquelle ils souhaitaient participer. Étudiants et habitants réfléchissent ensemble à des idées nouvelles pour illuminer Tarentaize-Beaubrun.

Les étudiants partent de quelques à priori volontaires sur le quartier pour interpeller les habitants et les faire réagir.

Samir et Lucas d’IRAM expliquent comment va se dérouler l’atelier “Connectivité et Interface”.

Présentation de photos, cartes, dessins, de nombreux questionnements, jeux et manipulations étaient présentés pour que les invités se mettent à l’aise, apprivoisent la thématique abordée et se livrent sur cette dernière.

Ci dessus, à l’atelier “Mémoire de quartier”, les souvenirs fusent !

Dans une logique de proposition, les étudiants partent de quelques à priori volontaires sur le quartier pour interpeller les habitants, les faire réagir afin de créer un espace de discussion et de confrontation de points de vue.

Quand les témoignages se précisent…

De manière ludique et participative, les échanges se font naturellement. Axés principalement sur la sécurité, l’esthétisme, les énergies renouvelables et le numérique, les sujets proposés ont permis à Mariane, Claude, André et Josette entre autres de s’exprimer sur la perception de leur quartier.

L’atelier “Éclairage idéal” demande à ses participants de hiérarchiser leurs besoins.

Selon la majorité des participants présents, la problématique de l’éclairage urbain n’est ni une question, ni un problème, les habitants ont d’autres priorités.

L’atelier « Connexion entre quartiers » à l’écoute des différentes générations du quartier.

Toutefois, les habitants ne souhaitent pas avoir des dispositifs lumineux superficiels. « Il faut être plus dans l’optique d’associer l’utile à l’agréable tout en proscrivant les éléments trop gadgets », comme l’indique Claude à la table Connectivité et interface.

Bonne humeur au World Café !

« Le soir dans ce quartier, il y a très peu de monde dans les rues, explique André Dancel. Il y a besoin de redynamiser certaines zones » ajoute-t-il avec inquiétude. Quant à Mariane, fondatrice d’Emka-T Communication, elle se sent à l’aise dans ce quartier qui est un lieu de passage régulier pour elle. «Le quartier possède un tissu associatif fort mais sa propre vie locale communautaire, qui ne s’est pas forcément intégrée à la vie locale du reste de la ville, reste un frein à son développement », ajoute-t-elle avec lucidité.

Astrid d’IRAM fait le point sur le World Café !

À l’issue de ce World-café enrichissant, un bilan de chaque atelier a été présenté. A partir de cette restitution, reste maintenant à formaliser les projets et à concevoir les prototypes de dispositif d’éclairage urbain appropriés à ce quartier si singulier.

En écoute libre : le discours d’André Dancel ci-dessus.

Pour retrouver les travaux d’étudiants sur ce projet d’éclairage urbain, voici quelques ressources supplémentaires :

Wiki

Site IRAM

Crédits :

  • Rédaction : Lucas Bouvier
  • Prise de son : Samir Ouammar
  • Prise de vidéos et montage : Gérald Porro
  • Photos et mise en page article : Léa Kalifa

Merci à tous !