Article de Paulin Martin, étudiant en Master 1 à IRAM.

ville connectée

Barcelona Smart City CCBY

Ville intelligente

L’expression « ville intelligente », traduction de l’anglais « smart city », désigne une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour « améliorer » la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts. Ce concept désigne un type de développement urbain apte à répondre à l’évolution ou l’émergence des besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique, social, qu’environnemental.

La ville numérique et interactive facilitera la collecte et la diffusion d’informations en temps réel, partout et pour tout support (internet, téléphonie mobile…). Ainsi grâce à des logiciels, des capteurs ou des outils de simulation ou de modélisation, la gestion des flux urbains (circulation, pollution…) va connaître une véritable révolution. Les nouvelles technologies du numérique contribueront ainsi à optimiser les trajets des citadins en leur permettant de combiner ou de partager plusieurs moyens de transport tels que l’automobile, le tramway, le bus, le vélo…

ville connectée

Paris Smart City 2050 – Vincent Callebaut

Smart city (modèle anglo saxon)

ville connectée

smartgrids-cre.fr

Smart city évoque une cité futuriste de l’ère du numérique, tirant parti des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Une ville hyperconnectée et équipée de capteurs, de puces, de GPS, d’antennes, de caméras, de cellules, de domotique… Dans chaque recoin : le mobilier urbain, les bâtiments, la chaussée, les moyens de transports, les arbres. Chaque objet, dès lors «intelligent», peut communiquer, produire et échanger des données, renseigner le big data de la ville. Cette multitude d’informations, stockées, croisées, valorisées, permettrait d’améliorer la vie quotidienne des citadins qui y ont accès via leur ordinateur ou leur smartphone, mais aussi de faire des économies en termes de consommation d’énergie, par exemple, d’accompagner la transition écologique ou de développer la démocratie participative.

Une ville numérique et connectée

Une smart city doit recueillir, transmettre et traiter un grand nombre de données en temps réel, récupérées sur les infrastructures, les équipements et les consommateurs de ces services. Cette ville connectée doit servir à optimiser le fonctionnement de ces installations complexes, et permettre d’inventer de nouveaux services avec les usagers, davantage interactifs.

ville connectée

Paris Smart City 2050 – Vincent Callebaut

Une ville durable plus participative

Pourtant, les dispositifs « smart city» mis en place par des villes comme Songdu en Chine interrogent la place de la technologie : elle ne doit pas être « un lieu froid fait de capteurs » (Carlos Moreno). Si l’innovation est au coeur de la ville intelligente, cette dernière n’est pas fondamentalement technologique. La technologie doit être conçue comme un accélérateur porteur d’interactivité et de connectivité :

Elle est bénéfique si elle trouve un usage social derrière, en répondant à un besoin exprimé ou révélé.

« l’usage est la clé du développement de la smart city».

Inteligence collective et évolution politique

La smart city doit “organiser l’intelligence collective” selon Jean-Louis Missika, ce qui implique un changement dans le mode de décision des gouvernants afin de partir des habitants.

Ce transfert de pouvoir vise à rétablir une relation égalitaire et de dialogue entre gouvernants et citoyens et éviter que la ville ne dispose d’un poste de contrôle unique. La mairie de Paris a ainsi proposé à ses habitants d’échanger sur un budget participatif : une façon d’exercer son droit démocratique à travers un processus collaboratif.

Il faudrait de toute façon préciser qu’aujourd’hui le concept de « Ville Intelligente » se trouve fondamentalement dans une phase de visioning : il n’est pas réellement un modèle urbain appliqué en tant que tel, mais il représente l’occasion pour la mise en place d’une nouvelle stratégie urbaine. À partir des actuelles visionnaires représentations d’un urbain hyper technologique, eco‐technologique, géré par les habitants à travers des dispositifs participatifs ou contrôlé par les systèmes informatiques, on pourrait pourtant affirmer que la grande diffusion de ce modèle est en train d’influencer l’aménagement du territoire.

Article de Paulin Martin, étudiant en Master 1 à IRAM.